Crise globale, crise de la globalisation
Vendredi dernier, le 28 octobre, la veille des États Généraux de la culture organisés par la ville de Quimper, Jean-Marie Harribey était l’invité du groupe local d’ATTAC, association fondatrice de l’Association pour les Forums Sociaux de Cornouaille. Beaucoup de monde avait fait le déplacement, et pour cause, le contenu était au/haut niveau :
Wikipedia nous apprends que Jean-Marie Harribey est un économiste français, maître de conférences à l’université Bordeaux 4, il est une figure du courant de pensée économique anti-néolibérale et membre du conseil scientifique d’Attac. Il fut l’un des rares économistes à soutenir le « Non » au référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005. Fin 2006, il est élu co-président d’Attac France.
L’introduction
L’intervention
Le débat
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En parallèle de cette excellente conférence/soirée, je lis actuellement un livre qui s’appuie, pour la partie que je vais vous faire partager, sur les écrits d’Ibn Khaldun. Je cite wikipedia à propos d’Ibn Khaldun :
Ibn Khaldoun, né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire[1], est un historien, philosophe et homme politique d’Ifriqiya. Sa façon d’analyser les changements sociaux qu’il a observé dans sa culture lui vaut d’être considéré comme étant à l’avant-garde de la sociologie.
Voici donc le passage que je voudrais vous faire partager :
“Ibn Khaldun imbrique les facteurs économiques, culturels et sociaux dans les remplacements dynastiques et les fonctions de la cité. Leur évolution diachronique détermine l’expansion d’un groupe humain, puis la déperdition de son énergie.
“Il constate que l’homme est naturellement raisonnable et ludiquement raisonneur. Son indéniableinstinct social coexiste avec son anarchique et forcenée recherche de l’intérêt immédiat. Seule la civilisation peut le policer, l’amener à une vision collective de son destin. Or elle suppose la pratique des sciences, des lettres et des métiers : donc la capitalisation du savoir par la concurrence et la complémentarité des esprits, concurrence et complémentarité qui sont favorisées par l’agglomération urbaine. Ainsi s’élève-t-on de la rationalité sociale plus large, relative à la sécurité et prospérité de la ville, et à un ordonnancement social fondé sur la différenciation des tâches.
“Mais cette division du travail n’est point entièrement bénéfique pour l’individu, car elle cloue à son état, refoule les dispositions naturelles, brime les multiples façons de s’exprimer et d’agir dont tout homme dispose pour s’épanouir. Obligeant chacun à vivre de ses connaissances spéciales, elle le rend dépendant des autres, tributaire de l’état de prospérité ambiant, et de ceux qui disposent de la force nue. Toute collectivité exprime la naturelle, l’indispensable sociabilité (ijtima) inhérente à la condition humaine, mais sécrète un pouvoir, une autorité politique qui use de la répression (wâzi’), au moins incarne cette contrainte astreignant les individus à répartir entre eux toutes les fonctions que la civilisation citadine élabore. Ainsi s’instaure une dialectique spécifique entre la propduction et l’échange, la puissance et la morale.”
Ceci est un extrait du livre de Jean-Paul Charnay “Regards sur l’islam, Freud, Marx et Ibn Khaldun”, publié en 2003 aux éditions L’Herne.