Premier atelier : eau et agriculture, régie municipale

octobre 21st, 2009

Le vendredi 16 octobre 2009, le « processus forum social » a débuté sur les thèmes de :

  • eau et agriculture ;
  • retours en régie municipale

présents:
François LE SAUX, Maire d’Elliant
Aurélie RIO, chambre d’agriculture, ferme de Kerlavic
Jean-René PICARD, responsable de la Biocoop de Quimper
?, Président (?) Eaux et Rivières
Alain François CALDERON, militant ATTAC et Eaux et Rivières
Gérard BOURVON, Président de S.EAU.S
Baptiste SIMON militant ATTAC
Dominique LESVEN militante AFSC
Jean Paul LE POHON militant L’eau et la Terre
Philippe LEVALLOIS, militant Eau Secours 29 et ATTAC
Pascal LE GUENNEC, miltant ATTAC
Serge BONAL, représentant du REPCIP29
Pascal PETIT, militant ATTAC

Présentation à l’ensemble des invités des objectifs de ce forum:

  • Montrer que les différents problèmes de l’EAU présentent des dimensions sanitaires, sociales, territoriales, économiques et environnementales qui font système. Et c’est l’interdépendance de ces différents aspects qu’il conviendra de démontrer, selon une démarche d’éducation populaire.
  • Peser sur les débats politiques locaux concernant la possibilité d’un retour en régie publique de la gestion de l’EAU

(cf. la présentation du forum 2010 sur l’EAU)

Déroulé de la réunion:

Le maire d’Elliant explique comment, depuis 1981, la municipalité est partie à la reconquête de la qualité sanitaire de captages d’eau dont la tenueur en nitrate était supérieure à 80 mg/L pour l’un.

Reprise progressive du foncier autour du captage et mise en place d’une fertilisation raisonnée dans un premier temps. Mais les taux de nitrates n’ont pu être que stabilisés…

Augmentation du périmètre foncier repris par la municipalité et boisage de la zone, dans un second temps, pour voir les taux passer de 50 mg à 40 mg en 10 ans pour un captage et 80 mg à 50 mg pour l’autre. Coût pour la commune = 300 000 €.

Beaucoup de petits captages ont été abandonnés dans le Finistère Sud pour puiser l’eau des rivières, où pourtant d’autres substances que les seuls nitrates constituent la pollution.

L’expérience d’Elliant pourrait avoir valeur d’exemple.

Aurélie RIO explique que les agriculteurs ont largement pris conscience du problème et que les pratiques se modifient sensiblement grâce à des formations permettant de meiux connaître les processus de fertilisation. Ces changements ont un coût que les agriculteurs ont largement financé, en plus des aides publiques.

Certains dans l’assemblée, insisteront cependant sur le fait que dans le contexte d’une économie mondialisée, caractérisée par la spécialisation compétitive et la concurrence libre et non faussée, la radicalité et l’urgente nécessité d’un changement ont beaucoup de mal à être prises en compte… La reconquête par des politiques publiques de domaines trop longtemps délégués aux marchés doit constituer un axe majeur, de la plus petite des collectivités locales jusqu’à l’UE et l’OMC

Gérard BOURVON enchaîne en évoquant les débats à venir sur d’éventuels retours de la gestion de l’EAU, à Brest, Morlaix et Quimper. Il développe un argumentaire détaillé en évoquant, parmis d’autres, les points suivants:

  • Une réflexion générale sur les Services Publics est effectivement nécessaire dans un environnement de plus en plus phagocyté par l’individualisme et le privé.
  • En France, 80 % de l’EAU est gérée par des entreprises privées: c’est une spécificité au regard de ce qui se fait ailleurs dans beaucoup d’endroits du monde.
  • Ces entreprises privées, multinationales, génèrent des bénéfices très importants, qui ont des effets planétaires.
  • Le prix de l’eau est en moyenne de 20% supérieur en situation d’affermage contrairement à ce que pourrait laisser supposer l’économie d’échelle permise par la situation dominante de ces sociétés
  • Il convient de démysthifier l’importance du Conseil Mondial de l’EAU qui se tiendra à marseille en 2012 (après celui d’ Istambul dernièrement). C’est un instrument de propagande créé par Véolia et de la Lyonnaise des Eaux qui se pare des atours d’une ONG.
  • Dans les contrats d’affermage, être attentif au taux de réactualisation qui permet à ces multinationales de casser les prix pour obtenir un marché puis de se rattraper ensuite, les années suivantes…Possibilité également de dumping pour gagner un marché en sachant que l’on va se rependre sur les ordures ménagères, l’assainissement, les transports que ces entreprises peuvent aussi prendre en charge.
  • Attention aussi à la part fixe dans l’abonnement, parfois supérieure à la consommation réelle des usagers.

Gérard propose de regarder le film L’OR BLEU (doc de 52′) qui peut nous aider largement à construire un argumentaire pertinent. Serge va essayer de l’avoir avec le CICODES pour que nous puissions le faire circuler, voire organiser une présentation suivie d’un débat vers un public plus large que notre petit comité…

Les invités sont d’accord pour participer au Forum du printemps prochain. Leurs interventions pourraient s’articuler autour des axes suivants :

  • Reconquête des petits captages grâce à la volonté d’une collectivité locale (exemple d’Elliant)
  • Présentation des politiques de formation des agriculteurs pour une prise de conscience globale permettant le développement d’un changement généralisé des pratiques agricoles. (Chambre d’agriculture)
  • Reconquête de la gestion publique de l’EAU (Gérard BOURVON et les collectifs existants ou à venir (Quimper ?) rassemblés dans S.EAU.S
  • Explication des processus de multipollution (cet aspect n’a été qu’effleuré durant la réunion et pourrait faire l’objet d’une étude plus approfondie ?…) (Eaux & rivières)
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